16.4.26

The stars at night turned deep to dust


(Merci Petra Collins de m'avoir littéralement fourni l'intégralité du color scheme de ce blog grâce à cette photo alors que j'étais en train de flirter avec l'idée de foutre un fond noir et une écriture rouge avec des dessins de pentacles tellement ça me foutait la rage. Je pleure des couleurs hex et autres joyeusetés. Margaret, bah Margaret, je t'aime. PS : oui, je serai éternellement la relou de votre blogroll ! Forever and ever, vous voyez bien que j'insiste <3)

À mon avis, je vise clairement mes 40 ans sans vraiment me le dire. Un objectif avec des chiffres, un âge que je rends solennel uniquement dans l'intérêt de ma propre survie : quoi qu'il arrive, la douleur ne dépassera pas mes 40 ans ; il en est hors de question.

Quasiment une année pour avaler tout ce qu'il y avait à avaler.

On parle souvent de pardon, d'empathie et de compréhension à avoir pour ces autres afin de pouvoir avancer. Je suis absolument capable de le faire. Je pourrais écrire 15 notes à propos de tout ça, mais je n'en ferai rien. Car je pense que la guérison, la catharsis, dans ce cas de figure, n'a rien à voir avec eux, mais totalement avec moi. Que ce n'est pas quelque chose qui doit venir de moi et aller vers eux ; peu importe la forme que ça aurait eue.

Non, c'est quelque chose qui ne se passe plus qu'entre moi et moi concernant tout ce que j'ai compris, vu, accepté, avalé par belle ou par laide.

Peut-être que tous ces bons sentiments ne doivent en aucun cas être dirigés vers eux. Intellectuellement, oui. Émotionnellement ? Non. À mon sens, je dois tous me les réserver. Ne les adresser qu'à moi-même.

À cette gamine qui crevait de solitude à l'école, qui ne comprenait jamais pourquoi elle se sentait à la fois si différente et totalement coupée de tout le monde. À cette ado qui s'est dessinée autrement contre vents et marées et qui aura pris dans sa gueule toutes les tôles de bagnoles, toutes les clôtures, tous les câbles et autres clous dans la tronche dans un ouragan infernal. À elle, celle qui en est ressortie sonnée, fracturée, perdue, mais encore debout. À cette fille gavée jusqu'à la nausée la plus infecte de ce qu'il y a eu de pire chez chacun, la gerbe au bord des lèvres. À elle qui a cru toute sa vie qu'elle aurait dû être meilleure, plus gentille, différente, aimable, méritante.

Pour cette nana qui aura avalé au minimum 3653 Xanax en 10 ans.

Cette fille qui aura été chez un psychiatre, plusieurs psychologues et une sexologue. Qui, dans sa chute la plus dégueulasse, aura fait ce mouvement contre nature pour elle ; devoir vivre quand même et aller à l'hôpital en urgence, puis à l'hôpital de jour durant 1 an.

Il y avait une chose que je ne comprenais jamais malgré toutes ces choses faites : comment je pouvais à chaque fois me péter la gueule quand je me faisais chier à tenter de faire justement tout l'inverse ?! Je n'avais pas compris qu'une famille dysfonctionnelle me bouffait toute entière, contaminait systématiquement tout travail car je croyais encore cette idée folle, ce postulat que je pensais encore vrai : croire qu'ils seraient heureux de voir mes progrès et que j'étais le problème à régler. Je ne me suis jamais arrêtée pour me dire : "Peut-être que le souci est un système et non simplement une personne." En somme, ça a dévié toute une thérapie de son propre intérêt qui était de travailler sur moi-même en ayant compris d'où je viens dans le seul but de pouvoir mieux m'en défaire, peu importe la façon. J'ai tellement couru après leur approbation, le besoin d'être reconnue, qu'ils soient enfin contents de moi que j'ai tout partagé. Grave erreur monumentale. Autant donner un flingue chargé et leur dire qu'on est la cible. Bien entendu, aucun d'entre eux n'est venu me dire que le problème était plus relatif à un ensemble qu'à une seule personne. Que le rôle de cette personne est justement de porter tous les symptômes pour eux comme des valises trop lourdes qu'ils ne veulent pas se faire chier à traîner et qui leur appartiennent également, et qu'on a été le crétin qui avance trop lentement en traînant ce putain de poids à la con.

Le principe même de ce genre de famille est de ne jamais trahir ce principe.

Dans un univers si opaque, on ne se voit jamais dans les miroirs. On se définit sans cesse à travers ces regards méprisants, suffisants, teintés de rancœur, de craintes, et sans doute d'envie qu'ils s'empressent de transformer chez moi en immaturité, impulsivité, incohérence pour s'expliquer le fait qu'ils n'ont jamais eu le courage de faire ce que j'ai fait. Ils traduisent volontairement, bien qu'inconsciemment, ce qui peut bien sauver une personne hors de ce système. Parce que le machin est véloce ; il vaut quand même mieux être armé de colère, de ténacité, d'impulsivité pour secouer cette putain de cage quand on ne sait pas encore l'ouvrir. Jusqu'au jour où...

On comprend qu'on doit cesser de se définir à travers leurs yeux, ce qu'ils pensent, ce qu'ils font, ce qu'ils réussissent ou non. Qui voudrait se regarder à travers un système malade pour lui demander comment on va ? En vérité, au fond, on n'est pas trop con, on sait clairement comment on va : on est usé jusqu'à la corde, on avale méthodiquement des anxiolytiques pour contrer de façon artificielle ce qu'on peine encore à savoir faire par nous-mêmes, on passe des soirées en enfer, des nuits de cauchemars, des insomnies qui cisaillent un système nerveux en vrac, on s'épuise à tenter de comprendre ce qui nous échappe et ce qui est pourtant ultra clair : nous étions la blague dans leur histoire. On n'est pas ancré sur terre, le soleil ne nous réchauffe pas des masses, la nourriture manque de goût, les heures passent et rien ne change vraiment. Quelques moments de répit qui ne seront servis qu'à prendre un peu d'oxygène pour se taper ce travail ingrat qu'ils refuseront toujours de faire.

Jusqu'au jour où on commence à se dire que de penser uniquement à notre gueule telle la personne qui serait, selon eux, la plus narcissique et problématique de toutes est, en fait, le meilleur putain de bouclier qu'on puisse avoir et le plus grand coup de canif dans le contrat.

En fait, quand on se met à chier sur les conditions du contrat et qu'on le barbouille de merde jusqu'à le rendre illisible.

Il y a une chose que je subodore : j'ai été la colle, le ciment de cette famille à la con. Le truc qui a donné l'illusion à tous que chacun faisait mieux que moi, que c'était une famille relativement unie aussi longtemps que j'ai accepté les termes de ce foutu contrat bancal. Chacun a pu tranquillement se dire qu'il s'articulait très bien tout en me regardant patauger dans cet océan de douleur qui, pour eux, n'était pas le leur.

Arrêter de s'investir là-dedans les renvoie, finalement, à ce qu'ils sont quand je ne fais plus mon rôle.

J'ai peut-être été la personne la plus saine, assez forte, bien que bancale, parfois affreusement fragile, lucide, têtue, maligne, ayant assez de ressources en moi pour faire ce qu'ils ne feront jamais.

Ils ont confondu certaines choses : porter le beau costume de la société ne fait pas d'eux ce qu'ils se pensent être à l'intérieur.

Ça, c'est du théâtre, des acteurs qui confondent ce qu'ils sont avec ce qu'ils jouent.

J'ai fait pareil, mais mon rôle a été plus ingrat et sans doute plus proche de l'os.

Parce que je pense qu'il faut apprendre à compenser tout le mépris, l'ignorance, la suffisance, l'arrogance, les égos stratosphériques écrasés dans ma gueule, la condescendance, les abus d'autorité, la négligence et j'en passe pour s'en sortir ; histoire de rétablir un équilibre dans cet asymétrisme intrinsèquement dangereux.

On pense toujours n'appartenir à rien ni même à cette famille.

Alors que, finalement, on appartient à tout le monde sauf à eux.

Que la vie devant nous, elle, nous appartient aussi.
Que les mots gentils qu'on s'adresse rien qu'à soi sont sans doute plus vrais que chaque raté enduré auprès d'eux.
Que mon miroir reflétant les contours de mon corps et de mon visage vaut mieux que tout ce qui nage dans leurs regards à eux.
Que tenter de s'adapter à eux était principalement la raison pour laquelle je n'ai pas su m'adapter, me lier et me reconnaître ailleurs.

Que chaque mot tendre que je peux bien me dire aujourd'hui est plus fondamental que l'attente nourrie auprès d'eux. Chaque geste gentil de ma part sur mon corps est un câlin qui a été si souvent refusé, mais pourtant tellement mérité. Qu'adopter le moindre conseil bienveillant, même écrit dans un livre de cuisine ou dans un livre à 7,45 € acheté en solde m'amènera toujours plus loin qu'eux.

Mais tout ceci n'est possible que le jour où on arrête de croire que ce noyau familial est ce qu'on est ou sait mieux que nous ce qu'il nous faut.

Con à dire, mais c'est comme tenter petit à petit de foutre notre cerveau sur le mode avion en ce qui les concerne.

Je t'aime, petit frère, mais le rôle que tu joues me fait du mal.
Le jour où ce rôle t'explosera à la gueule, la grande sœur que je suis sera là pour te donner la main et t'aidera à reprendre ton souffle.

Car, crois-moi bien, je suis clairement ta GRANDE sœur et toi la victime bis repetita de ce cirque.
Je ne m'excuserai pas de ce que j'entreprendrai dans ma vie pour me sauver la gueule.
Tu n'es pas l'homme de la famille. Tu es un fils et un petit frère. L'homme de la famille était notre père, aussi bancal et destructeur a-t-il été, et il s'est suicidé il y a 19 ans.

Et c'est la seule chose que tu dois savoir ; le reste, c'est du foutage de gueule.

Quant à moi, je vais désormais me contenter de jouer le rôle de figurante dans ce bordel et carrément main character dans ma vie à moi.

14.4.26

You gotta fight for your right

Des choses se remettent un peu dans l'axe. Fini de quémander des ordonnances à distance à un médecin qui décide de déménager à Berlin-Ouest en foutant tout le monde devant le fait accompli (moi y compris) et qui fout tout le monde dans la merde (moi y compris).

Je me suis dit que c'était peut-être un signe de l'univers, qu'il fallait vraiment que je change de médecin et que je repense éventuellement mon traitement dans le même temps. Du coup, branle-bas de combat pour trouver la pépite. Finalement, j'ai trouvé un centre médical près de chez moi.

Et je suis RAVIE !

J'adore les centres médicaux qui, à mes yeux, ressemblent à des Club Med de la santé ou à un shopping mall où tu trouves tout sans t'égarer sur 18 chemins relous avec une journée qui finit plus par ressembler à une randonnée qu'autre chose. Tout est sur place, c'est super ! Je vais pouvoir errer du cabinet du généraliste vers le cabinet prise de sang en moins de 10m. C'est hyper bien pour les gens tout pétés dans mon genre, j'aime beaucoup !

Mon humeur oscille toujours un peu entre exaltation de piger des trucs et envie de vomir d'avoir pigé des trucs. J'imagine et j'espère fortement que mon cerveau saura, à un moment donné, trouver l'alternative saine pour chacun d'entre nous.

Dans le même ordre d'idées, je suis parvenue à un constat un peu étrange mais sans doute essentiel tandis que je faisais du forcing avec la secrétaire de mon désormais ex-médecin ; j'ai été beaucoup trop sympatoche durant la majorité de ma vie. Et je parle de la vraie putain de sympathie. Celle qui pense à n'être jamais en retard et qui mordra sur sa chique pour éviter de l'être, peu importe l'occasion. La fille qui écoute sans demander de retour, la fille qui prévoit les choses comme une petite maman pour tout le monde car je sais lire un contexte finement, celle qui n'a jamais voulu s'égarer de sa rigueur et de sa gentillesse parce que je sais ce que c'est que d'être le relou fucked up dans l'histoire de l'autre.

Ouais. M'enfin bon. J'ai surtout réalisé que j'étais un putain d'agneau à la con dans un monde de loups qui ont les crocs et qui n'hésitent pas une seconde avant de penser à leur gueule. Non pas que j'aie envie de devenir la connasse de l'année. Par contre, je pense que je vais rentrer dans cette nouvelle phase que je pense être plus équitable : être toujours une gentille mais savoir mieux imposer ma putain de voix quand il le faut ; oui, quitte même à devenir la petite relou dans l'histoire de l'autre.

Et surtout, essayer d'arrêter de me faire un ulcère quand les gens me chient dans la gueule. Beaucoup sont trop en train de planer into delulu avec une putain d'arrogance, condescendance et suffisance en faisant des nuits paisibles de 8h. Go fuck yourself.

Finalement, pour faire un lien avec ma note précédente, c'est pas plus mal de regarder l'avion se crasher sans plus trop lever le petit doigt. Un moment donné, je crois que j'ai quand même appris que si je ne pouvais pas piloter cet avion de merde parce que des branques tiennent absolument à le faire à ma place, je pouvais alors bien sangler ma ceinture, prendre de grandes inspirations dans le masque à oxygène avant d'avaler un Xanax et m'attendre au choc de façon plus sereine que ceux qui pensent qu'il n'y aura pas de bobo. 

Il y en aura.

Je peux contrôler ma ceinture de sécurité, c'est tout. Si des cons veulent se la jouer Top Gun sans savoir lire un tableau de bord, qu'il en soit ainsi.

Autre chose importante, chiante à souhait mais ultra vraie : on ne peut pas se battre à la loyale avec des gens bourrés de lâcheté. Ces crevards attendent toujours que tu tournes le dos pour te planter. Se battre avec un lâche, c'est se lancer dans une bagarre que lui gagnera quoi que tu fasses. Quand on est lâche, bah on est lâche. La seule méthode devant le lâche, c'est de camper sur nos positions, ne surtout pas y aller en full frontal et laisser le crétin incapable de vous affronter à la loyale râler dans son coin en s'enfonçant tout seul.

Ça arrive, parfois, que des gens qui s'imaginent au-dessus de vous, ou mieux que vous, fassent principalement de la merde de leur propre fait. Ça ne leur effleure jamais l'esprit qu'ils seraient, en réalité, les instigateurs de relations de merde. On leur a tellement fait comprendre que leur belle vitrine était bien rangée et proprette qu'ils n'ont jamais pensé que leurs poubelles commençaient à puer dans tout le quartier et filaient la gerbe à tout le monde.

Ma vitrine est naze, mais j'apprends à ranger mon arrière-salle, déboucher les chiottes et à vider ces foutues poubelles.

13.4.26

What happens to the heart


C'était sans doute inéluctable. Peut-être que j'ai toujours senti ça d'aussi loin que je me souvienne... Aucun enfant n'a envie de se ressentir comme étant un paquet arrivé sur le pas de la porte et dont il faudra s'occuper par belle ou par laide. Aucun enfant sur terre n'a envie de se sentir encombrant, gênant, pas à sa place, fautif, pénible.

L'enfant qu'il faut tolérer en serrant les dents.

On développe des trésors d'adaptation, on apprend à prendre 1000 détours avant de se rendre à l'évidence : votre propre personne, votre seule existence leur rappelle ce qu'ils sentent en eux-mêmes ; leur échec.

Personne ne deviendra plus aimable, plus tendre, gentil, doux, attentif, compréhensif, attentionné. Personne ne fera ces mouvements qui doivent normalement venir du coeur, de la chaleur.

C'était inéluctable.

J'allais tôt ou tard finir par me bouffer ce que j'ai toujours su au fond de moi. À 40 ans dans quelques mois, on a assez d'archives, d'années, de matière pour se retourner sur ce passé qui s'est étiré sans relâche. Les choses, avec le temps, ne deviennent pas toujours plus simples. Elles se clarifient par elles-mêmes. Plus simples ? Pas forcément. Avant, s'il fallait avaler de la confusion ; aujourd'hui, il faut avaler la réalité brute. Quand on crâme des ponts, des excuses, des doutes ; ça ne vous laisse plus qu'avec ce qui est et a toujours été. C'est à la fois ce qui vous sauve ou vous plombe.

Au fil des heures, on oscille.

Je tends vers la bonne humeur, un certain enthousiasme, une joie retrouvée que je pensais ne plus jamais ressentir quand je m'aperçois que ce que je comprends est avéré. Lorsque j'arrive à aligner des pièces du puzzle avec plus de facilité. Quand je me rends compte que ma situation (comme celle de milliers de personnes vivant la même) se résume à : "Comment être quelqu'un de meilleur pour être accepté par ma famille dysfonctionnelle ?". Aussi débile que ça puisse être, c'est exactement ce qui va nous bouffer durant des lustres. Jusqu'au jour où on se rend compte qu'on ne peut JAMAIS plaire à une famille dysfonctionnelle dans laquelle on joue le rôle de celui qui porte tout et à qui on reproche tout en sous-texte.

Ce serait comme se demander : "Comment être vegan et continuer de bouffer des animaux ?"

Ça n'a strictement aucun sens.

Là, on entre dans la phase où on a envie de gerber.

On dit qu'il faut savoir faire preuve de compréhension, de souplesse, de compassion, de pardon à l'égard de ceux qui nous ont fait du mal. On oublie souvent de dire que pouvoir expliquer, comprendre, pardonner n'est pas une injonction à fermer sa gueule, taire le passé, faire semblant que ça n'a jamais existé. Silencieusement, sournoisement, insidieusement, ma famille me demande de ne surtout pas avoir de séquelles lisibles. Évidemment, j'en ai tout un tas. Rien d'exotique, je suis un véritable textbook des ratés et des failles. Ma famille n'aime pas savoir que j'ai du mal à me faire des amis, que j'ai du mal à garder un emploi, que j'ai du mal à entretenir une relation. Ça les renvoie à ce passé qui colle comme un chewing-gum sous une godasse que rien ne déloge. L'ironie est que tant qu'une famille dysfonctionnelle pensera que le problème, c'est plutôt nous et pas trop le reste de ses membres, ça a tendance à prolonger le délire collectif -- et les séquelles.

Avec le temps, ce que j'ai tant essayé de sauver a fini ou est en train de se casser la gueule.

Je n'ai JAMAIS voulu nier ce qui m'est arrivé. J'ai gardé ma colère, ma confusion, finalement, comme des armes. Chacune dans un poing serré pendant qu'on me lessivait la gueule et le coeur. Peut-être que j'ai toujours senti que ces deux sentiments si farouchement gardés me paraissaient être des parcelles de réalité, de vérité. Deux sensations qui me gardaient la tronche hors de l'eau.

Longtemps, j'ai évité la moindre relation. Le problème n'était pas vraiment moi, ni même l'autre, d'ailleurs. C'était cette loi tacite de la parole interdite. Comment dire à cet autre ce qu'on est, ce qui nous a fait, d'où on vient, se définir dans sa complétude quand on est amputé de morceaux entiers de nous-mêmes qui expliquent tant de choses sur nous ?! Ces deux mondes, celui de ma famille et de cette personne dans ma vie, n'auraient pu se rencontrer tout en sachant la vérité ; la mienne. Et au final, la leur.

J'ai longtemps fait ma vie gouvernée par cette loi pour laquelle il n'y a, évidemment, aucune médaille pour vous remercier d'avoir tenu si longtemps sans rien dire.

En fait, j'ai l'impression d'être dans un avion dont je sais qu'il va se crasher et j'ai passé des années à hurler qu'un moteur est en rade, qu'une aile est en feu et que l'oxygène commence à manquer.

Aujourd'hui, j'ai la tronche collée contre le hublot et je regarde le sol se rapprocher toujours un peu plus tandis que je suis presque en train de siroter un bloody mary. Pas parce que je suis cool. Non, juste parce que je sais que ce putain d'avion n'a rien pour continuer de voler. Que je n'ai même plus envie de me fatiguer à indiquer des indices, etc. Donc, grosso merdo, je ferme ma gueule et je regarde le bordel arriver.

Et il arrive.

Mon frère m'adresse à peine la parole. Lui qui ne supportait pas que je lui demande de faire un effort pour faire la moitié du chemin, aujourd'hui, me reproche en silence de ne plus faire ma part. Au nom de quoi ? Mon frère a pris ma place quand j'ai fait ma dépression nerveuse carabinée-hôpital et tout le bordel. Soudain, on ne pouvait plus compter sur moi. C'est là que j'ai commencé à balbutier des mots durs, des parcelles de laid, des patterns passés sous silence durant des générations. Bon bah tu penses bien que tout le monde s'est dit : "Ouais bon, putain, crotte, quoi. La fille commence à être clairement démissionnaire". Et ce petit garçon, si souvent caché derrière moi, s'est empressé de courir vers la place vacante que ce système espérait voir à nouveau occupée. Et le gars a super oeuvré en ce sens.

Ce que je ne comprenais pas à l'époque, c'est que ma merde, au fond, ne le concernait pas. Enfin, si, ça le concerne, mais il veut pas que ça le concerne, car si ça le concerne, bah faut revisiter ce qu'on a toujours cru de ces personnes qui m'ont fait du mal donc, du coup, bah c'est chiant quoi, tu vois ? Donc, une fois que mon petit brûlot a commencé à sentir la fumée ; il a fallu tout recadrer sévère.

Et c'est ainsi que je suis devenue durant des années l'ombre de moi-même. Ce double mouvement de dépression (qui te nique quand même bien ton énergie et ta volonté) et mon frère qui se sent devenir l'Homme de la famille quand moi, avant, j'occupais la place du conjoint de substitution pour ma mère ; m'a bien éclaté la gueule. Non seulement j'étais sur les rotules moralement et physiquement, mais j'étais devenue naze pour garder mon mojo. Car quand ta famille se précipite quand tu es au bord du gouffre, tu penses connement : "Ouais bon, bah ils sont pas si pires, ils ont été là quand je me suis retrouvée au bord du gouffre."

Et là réside un putain de problème : être là uniquement au bord du gouffre et ne rien faire pour éviter de nous y conduire ; c'est un tour de passe-passe.

Et sur le moment, on y croit. Longtemps, très très longtemps. Puis un jour, on comprend que ces gens ne veulent surtout pas nous entendre parler de refonte des relations, des fondations, etc. Que ça les fait chier de regarder le caca.

Donc, non, mon frère ne se sent pas concerné. Pas son problème. N'a pas envie que ça le concerne. Et croyez-moi, je le comprends fort bien en partie. Et il est vrai que mon frère ne saurait pas tout sauver ; mais je ne lui ai jamais demandé ça non plus. Par ailleurs, aussi longtemps qu'il continuera d'être quelqu'un de mutique qui n'exprime rien de ce qu'il ressent, tout en étant encore dépendant de ma mère, ça ne va pas faire de lui ce frère qui devrait tendre la main vers moi. Cf. cette putain de place vacante qu'il occupe désormais bien comme il faut depuis que j'ai commencé à laisser tomber.

Le plus moche, c'est de s'asseoir sur ce qu'on aurait espéré différent. C'était coriace, pas facile, un peu scabreux, mais possible. Peut-être qu'un jour, ça le sera. Quand il se mettra à penser, j'imagine. À faire ce petit travail bien relou de lire les choses comme je le fais en ce moment et même avant.

Bref, voilà. Le laid, c'est de bien voir en quoi, justement, on dit système familial dysfonctionnel. Chaque membre a sa part. Pour le crétin qui aurait envie de hurler : "Bah du coup, la tienne ?". En fait, je connais profondément la mienne. J'ai assis mon cul bien assez longtemps chez des psys pour être tout à fait au courant de ce qui déconne chez moi. Mais voilà, aller chez un psy pour s'occuper de notre propre gueule ne sauve pas une famille entière. Évidemment, j'ai été ce crétin pendant un sacré paquet de temps.

Bref, le bloody mary en main et les glaçons qui fondent dans le verre ; je regarde l'absurdité de la trajectoire en écoutant Lofi Girl avec le casque vissé à mes oreilles.

C'est un désastre, ce sera un désastre.

C'est un désastre écrit depuis toujours.

Un jour, dans mon coeur, il n'y aura plus rien. Ce sera un lopin de terre dégarni, mal foutu, défoncé. J'ai arrêté d'arroser la merde, de vouloir planter des roses. Ça a gelé en hiver, brûlé en été et noyé à l'automne.

Mon printemps est un ailleurs.

Et eux ont trop pris mon coeur pour une litière de chat.

12.4.26

Love me tender

La journée a été plus tranquille que les précédentes. J'ai bien dormi et énormément bouffé. Comme si j'avais eu besoin de reprendre des forces et revenir à un calme relatif.

Comme toutes les personnes qui se farcissent une sorte de dépression bien cracra, telle Bella Swan assise devant sa fenêtre durant des mois, j'ai également du mal à décoller. Peut-être en partie parce que je sais que la sortie sera sans doute un peu brutale, et qu'il me faut en même temps adopter un autre rythme et dire adieu à certaines habitudes de merde bien ancrées.

Par exemple, celle d'écrire à 5 h 10 du matin alors que je suis censée dormir en faisant ma nuit.

C'est un bon indice de lose, ça.

10.4.26

Learning to fly


Je suis pour écrire dans un carnet et dans un autre en simultané. Pour en délaisser un et en préférer un autre. Ecrire la rosée du matin quand tout va bien et le vinaigre qu'on boit certains jours jusqu'à la lie pour un rien. Je suis à fond pour chialer dans les carnets, vomir les ombres. Ecrire ce qui nous hante et déchirer toutes les pages qui nous brûlent les doigts. Laisser des miettes dans le carnet et y renverser son café. Elaborer la liste des rêves, rater ses objectifs. Retirer une page et la plier pour la coincer dans la petite poche.

Je vis mon blog de la même façon, avec toutes mes humeurs de merde ou quand elles sont pleines d'humour. C'est un rapport viscéral, impulsif, immature, jovial, jusqu'au-boutiste, fracturé, mais beau aussi. Toute l'idée résidait là-dedans en démarrant ce blog, un truc qui "morfle" plutôt que ce qui m'entoure.

Bref, j'ai embrassé le rose, j'ai envoyé certaines notes pleines de bobos aller faire la sieste en brouillon. C'est bien, brouillon. En fait, c'était bien pour moi d'écrire le plus laid dedans mais les garder en ligne me donnait cette impression infecte de montrer mes cicatrices sur le bras de façon permanente alors qu'en vrai, je suis bien plus pudique à propos de tout ça. En tout cas, je porte pas mon bordel avec bravade.

Hier a été une journée franchement excellente ! Plein soleil, le printemps dans toutes les pièces (suis-je la seule à sentir le parfum de chaque saison ?! C'est une question réelle. Pour moi, chaque saison a une odeur très particulière). Ça permet d'atterrir, de prendre un certain recul, de calmer ce qui a filé un petit coup de jus.

(bon évidemment vu que c'est un con de pays, il pleuvra sans doute demain)

Partie faire les courses aujourd'hui. J'ai acheté cette connerie de Gameboy à 10 € (genre, la Gameboy ultra old-school, pas l'originale qu'on a eue lorsqu'on était enfants). J'ai vite compris qu'elle ferait des merveilles dans mes toilettes. Acheté de la bouffe comme si je nourrissais une famille de 4 personnes MAIS diantre, cette confiture aux poires fait partie des merveilles que je viens de découvrir.

Théoriquement, je suis censée retravailler en août. Ça doit encore se confirmer. Oui, je pense que ça me fera du bien de crâner tous les matins en maudissant ces fameux collègues qu'on déteste tous un peu (genre le super pote de la RH -- see what I mean ?!).

Vanessa Paradis en couverture du Harper's Bazaar ; tu penses bien que je n'ai pas réfléchi, ça a été direct dans mes bras. Dans la foulée, Adieu Soulayman de Bruno Guillot et FOX de Joyce Carol Oates. Tentative timide de m'y remettre mais au pire, si ça ne marche pas, il me reste encore les Martine de mon enfance (promis, je ferai des reviews sur Martine à la plage) (et quand j'écris ça, je sens déjà en moi que je serai capable, très paradoxalement, d'assurer dans ce genre de reviews car elles seraient forcément drôles et pourries --- putain, ça y est, mon esprit s'emballe devant les possibilités XD)

Studio 666 tourne en fond et des draps frais m'attendent ce soir après un bain de lavande. 

8.4.26

Take me somewhere I can breathe

Wino à deux doigts de faire de la merde.

Faire confiance au kefir de lait à la myrtille ainsi qu'à Sandra Bullock et Keanu Reeves.

Je vais éviter de trop commenter le fichu design de ce blog que je change environ toutes les demi-heures. Cela dit, j'y ai quand même pas mal réfléchi parce qu'il faudrait être con pour ne pas s'apercevoir d'un pattern... et je crois avoir capté (vous aussi, ahah). En fait, il me semble que ça ressemble à quelqu'un qui joue avec de l'argile quand ça part un peu en freestyle dans la vie. Y en a pour qui c'est le jardinage, malaxer une balle en mousse, gueuler sur ses enfants, peindre, tricoter. Moi, je chipote le design. Au fond, je ne pense même pas que c'est une réelle recherche de perfectionnisme dans de l'esthétique (je serais capable, demain, de te pondre un design 100% nostalgique des skyblogs alors que ça n'est visuellement pas mon truc ---- ouais d'ailleurs, je l'ai presque envisagé sérieusement pour rigoler / ou faire un blog jumeau de celui-ci version SKYBLOG over cringe -- pour les amoureux des couleurs criardes et autres gifs de dauphins qui scintillent). Durant tout le temps où je chipote, je pense à autre chose, je me fais chier avec des possibilités, des couleurs hex en maudissant Blogger. Et puisque je suis quelqu'un de super visuel, je m'épanouis (et m'épuise) à chipoter ce truc comme un gamin qui tenterait de dégrafer un soutif pour la première fois.

Brefouille.

Cerveau légèrement en compote.

Je me suis relue, obviously. Cracher sa hargne, son venin, chose faite. Qu'est-ce que ça change, au fond ? Est-ce que c'est vraiment écrire qui aide ? Savoir que ça sera lu ? Mmmmh, honnêtement, oui. Je considère que lorsqu'on a un blog public, ce qu'on écrit finit par être déposé devant le courageux lecteur qui lira en diagonale ou pas, même si on n'a aucun retour. C'est jeté dans l'univers tel un pavé ou un petit caillou dans l'océan du web. Mais je pense que dans mon contexte, c'est surtout s'octroyer le droit de dire les choses autant de fois que le besoin se fait sentir, être redondante s'il le faut, dire avec mes mots sans parfois mettre toutes les nuances (car dans toutes les histoires, il y en a, même dans la mienne et je les connais). Ne pas s'interdire de mentionner le laid, ce qui fait chier et, paradoxalement, ce qu'on aura du mal à garder en ligne aussi. J'apprends ici, en quelque sorte, à faire ce que j'ai tant eu de mal à faire IRL : savoir parler de ce que j'ai vécu à d'autres et endurer un peu ce que je ressens quand c'est partagé. Pour tout un tas de raisons (que je ne mentionnerai pas dans cette note -- mollo hein, faut que je respire un petit coup), j'ai beaucoup dû jongler avec cette notion de dire aux autres et ce que ça impliquait par la force des choses. Et, je ne t'apprends rien, ça fait partie des paramètres hyper relous qui te freinent.

Ecrire aussi souvent que le besoin se fait sentir, en ce moment, est important pour moi. Même si c'est brouillon, pas toujours clair ou limite inutile. (ou des fois bien !)

Par contre, va falloir que je me remette à communiquer avec le corps (et pas seulement bouffer des bons plats que je cuisine). J'ai nié un peu sa gueule... mais ça fait un peu 3 ans que je fais ça. Ça n'a pas été simple de passer du jour au lendemain à un corps qui a changé directement en l'espace de quelques heures parce que j'ai une endométriose type volcan : silencieuse très longtemps puis BOUM ! le machin se déclare en full frontal et t'en reviens jamais (un peu comme le mont Saint Helens). Genre, tu redeviens jamais comme avant. Il a fallu que je m'habitue un peu à lui. En outre, j'avais pas envie de dévaliser des magasins alors que je savais pas trop où j'en étais dans ma tête. Cerveau caca + corps en vrac, ça donne rarement : "mmmmh ce jean avec ce haut, ça va vraiment être bien". En général, je pense que ça donne : "Jeans pas à mon avantage, petit haut teint malade". Après, très logiquement, tu bouffes un Quick (ou un KFC, comme tu veux).

A part ça, truc ultra cool, le chat va vachement mieux ! J'ai pu compter sur lui pour qu'il me ramène une souris vivante dans le hall d'entrée et faire la bataille entre lui et moi sur lequel de nous deux allait la choper le plus vite à 3h du matin (lui plein de poils et moi à poil !).

J'ai gagné !

Tourniquet

Ecoutez, au stade où j'en suis, je suis quand même pas loin de me faire tatouer Tourniquet sur le front. En outre, le combo bretelles, bermuda, legging/collants est priceless.

Pour revenir à notre sujet préféré (parce que je sens que ça va bien prendre de l'espace, ce foutoir) (je ne vais pas foutre des trigger warnings sur toutes mes notes, donc je pense coller un parental advisory sur mon blog pour aller au plus simple) ; je pense que je vais tout écrire ici au fur et à mesure du merdier.

Ce qu'on ne dit pas dans ce genre de situation, c'est ce sentiment affreux, pénible, de se sentir à moitié taré. En fait, en nous, on sait très bien que si notre film était diffusé sur un grand écran, tout le monde marmonnerait "tire-toi" entre une gorgée de soda et la bouche pleine de pop-corn. Même moi, je le dirais. Le problème, c'est que ce n'est pas aussi simple. La solution a l'air simple, pourtant : casse-toi, maintenant, tout de suite. Et toute la tension, toute la friction résident entre la simplicité du mouvement et ce qui nous retient dedans. Notre cerveau se met à péter les plombs parce qu'il sait théoriquement ce qu'il faut faire (et que ça a l'air simple à faire) et réalise que l'humain, lui, n'y arrive pas des masses.

Alors qu'est-ce qui nous retient, au fond ? D'abord, faut savoir se bouffer l'idée que ça nous est bien arrivé. Ensuite, faut se bouffer l'idée (et crois-moi, cette étape est extrêmement longue) qu'en réalité, ce n'est pas de notre faute, qu'on aurait rien pu y changer de toute façon et que le problème, ce n'était pas nous. Cette étape est l'une des plus compliquées... aussi longtemps que tu penses que le souci vient de toi, aussi longtemps ça te donne une pseudo-liberté de mouvement et de contrôle ("peut-être que si je corrigeais ça chez moi bah ils ne seraient pas comme ça"). Alors que cette foutue phase n'est qu'un oasis dans le désert et que tu bois du sable pour étancher ta soif (et crois-moi, t'as soif). Une fois que tu réalises que c'est pas vraiment toi le souci mais un système familial, bah faut aussi avaler ce truc. En somme, tu comprends que tout a été articulé pour que ce soit toi qui prennes pour les soulager eux. Et que ce eux, c'est ta famille. Le cerveau aime pas trop prendre conscience qu'il a des racines de merde, des fondations de merde parce que ça fait bouger tous les murs de la baraque qui le font tenir debout. Une famille, c'est vital et il aime pas trop que tu viennes raturer son papier. Donc, ça la fout mal.

Ensuite, y a une autre étape bieeeeeeen chiante et bien dégueulasse : la collection de séquelles, de peurs, de honte, d'inaptitudes. Vivre dans un contexte de connards ne t'aide pas vraiment pour t'articuler de façon plus ou moins linéaire dans ce monde. Ce qui est logique, normal, bon sens pour ton voisin est parfois/souvent presque une énigme pour toi. Et crois-moi que tu vas la porter, cette putain de honte. Si si. Parce que tu penses que c'est toi, l'idiot. Tu ne penses pas "on ne m'a pas appris ça", non, tu penses "je suis trop con pour comprendre ça". Personne n'est venu te dire quelque chose de simple mais souverain : "Le système dans lequel tu as baigné t'a pris pour un con et tu te sens con et ce n'était absolument pas dans leur intérêt que tu réalises le dit système ; donc on ne t'a pas filé les clés".

C'est l'un des grands problèmes sur les divans des psys... tous les mots sont cliniques, presque neutres. Au fond, ça rationalise à mort mais ça vient pas soigner le coeur. Le coeur, parfois, a BESOIN d'être rencontré dans ce qu'il endure, ce qu'il ressent. Système familial dysfonctionnel ? Parents défaillants ? Parle haut et clair, mon cher. "Ce sont des putain de fils de pute qui t'ont fait du mal, qui ne pensent qu'à leur petite gueule tandis qu'ils payent des séances pour que je te babysitte pour faire leur job qu'ils sont incapbles de faire car ce sont des parents de merde qui, en somme, devraient avoir leur cul sur mon divan avant que tu ne poses le tien. Ils t'ont abandonnée, meuf. Mais ils se donnent bonne conscience et te délivrent un petit message de merde dans la même foulée : "tu es le problème, va chez le psy". Ce serait comme te déposer sur le bas-côté de la route avec un Fristi et un Mars et dire que ce n'est pas un abandon puisqu'ils ont pensé au cas où tu aurais un petit creux." Oui... ça aurait aidé, un psy un tantinet borderline et un peu punk dans son approche. Le coeur a besoin qu'on lui parle. Sauf que les psys ne parlent pas comme ça. Et si ça a son avantage, ça a également son côté bien pourri : à force de mots froids et plats, ça finit par te confiner dans des ruminations bien calibrées, souvent sans fin, où rien ne dépasse quand tout a débordé depuis longtemps.

Les cabinets des psys sont également peuplés de ce qui gouverne une société entière. Tout ce qui pue s'y trouve également. On aime pas dire que des parents sont vraiment des chiens, on est mal à l'aise avec cette image de mère froide et presque calculatrice, on aime pas trop les climats ; on préfère les actes. Encore aujourd'hui, pas mal de psys sont plus à l'aise quand il y a des actes que lorsque l'atmosphère est mortifère. Simplement parce que les atmosphères sont plus complexes à rendre concrètes. On tord des mots, on tord des actes. Sorti du contexte, un événement semble anodin mais si on compile, c'est l'avalanche de crasses. Et souvent aussi parce que les psys sont eux-mêmes parents. Les atmosphères demandent des réponses, questionnent chacun sur la signification d'un raté. Est-ce vraiment grave ou pas ? Quand il y a des gestes, on est directement dans la "preuve". Bien que, même quand il y en a, je ne t'apprends rien... là aussi, c'est délicat.

DONC, cher lecteur, le paysage n'est pas génial et le chemin à parcourir n'est pas vraiment easy easy.

Un des autres trucs bien merdiques est que tout ce bordel t'a bien scié les jambes. C'est fait pour que tu restes.... en te foutant dans la merde jusqu'au cou, ça leur permet à eux de filer relativement droit tout en pouvant te pointer du doigt : c'est toi qui es laid et stupide.

Pas eux.

Partir ou réaménager sa vie en ayant avalé ce postulat te met aussi devant quelque chose que tu sais depuis toujours mais que tu contournes longtemps : cet acte est la catharsis de tout ce merdier, l'instant T, ce moment cristallin où tu sais dans le fin fond de ton coeur qu'ils t'auront bouffé presque une vie entière, qu'ils ne t'auront laissé aucune aide et par-dessus tout que tu n'auras servi qu'à leur bon plaisir. Et cette petite nuance finale fait des ravages. Parce qu'il y a quelque chose de l'ordre d'un sadisme discret, silencieux, connu de tous et protégé de tous. Il y a cette fonction objectifiée de ta personne. Tu n'es pas une personne, tu SERS à quelque chose qui les soulage alors que ça te détruit et tout est mis en oeuvre pour te faire croire que c'est ce que tu mérites. Et à travers ces quelques lignes, il y a ce truc parfaitement sale et nauséabond qui te donne envie de gerber tout ton être. En filigrane, tu portes tout seul la honte de ce que tu as été pour eux.

Ce système dit "je ne t'aime pas, tu ne vaux rien, je me sers de toi jusqu'à l'usure totale". Le reste ? Poubelle. Et si tu as des choses bien, ils se les approprieront dans leur propre intérêt.

Oui... peut-être qu'il faut écrire pour pouvoir se relire. Relire une note triste à pleurer de quelqu'un qui a du mal à faire un choix dans une multitude de notes drôles, sympathiques, légères, empreintes d'auto-dérision, de réflexion, même mal écrites, de défauts mais de qualités aussi.

Peut-être qu'un jour, je finirai par hurler dans mon oreiller une bonne fois pour toutes. Peut-être que faire ça ici me foutra tellement la gerbe qu'un truc finira par s'enclencher à l'intérieur.

Ou, peut-être que le mécanisme est déjà en route.

Il n'y a rien de tel que d'écrire à la vue de tous à quel point on est vulnérable, pas fini, pas bien foutu parce qu'avant tout a été bien enfermé, bien à l'écart des autres, maquillé, tu, nivelé, lissé. L'écrire que pour soi, ça tourne en circuit fermé, ça reste entre soi et soi.

Bref, donc, c'est entendu. 

Tourniquet demain sur le front ! Brian sera RAVI !

7.4.26

Make it beautiful


Voilà, it's done !

On pourrait se demander comment je réussis le prodige de faire tout le tour d'une horloge pour finir avec la précédente note. C'est un principe con et assez surprenant : quand on est relativement bien, des défenses tombent. On pourrait se dire - bah justement - que la joie de la journée évite de se faire bouffer. Mais ça ne marche pas toujours comme ça... On peut passer toute sa journée en profitant du soleil, du calme, d'une paix relative et le cerveau se dit : "Mignonne, je te vois bien en train de prendre ton bain et de buller, tranquille... c'est donc un bon cocon safe pour te faire bosser un petit coup."

Et c'est ce qui s'est passé.

Après, tout le truc s'inscrit dans quelque chose de précis. Le bordel ne m'est pas apparu comme un machin exotic dont j'ignorais tout. Ça, c'était il y a des années. En revanche, ça s'inscrit sans doute beaucoup plus dans "tiens, je pense que je vais arrêter de fermer ma gueule et de rendre le truc bien cosy pour tout le monde" ; et ce principe s'articule dans toutes les sphères de ta vie. En somme, ça a vocation à reprendre la vie comme on l'entend avec notre propre vérité et non plus de faire en fonction de ce que les autres voudraient qu'on en fasse.

L'écrire ici n'a pourtant pas été simple. Je suis du genre à écrire d'un trait puis à envoyer la sauce dans les 2 minutes après le point final (10 si j'ai l'esprit un peu sport). Il m'a fallu grosso merdo 40 minutes. Ensuite, j'ai passé ma nuit entre 1h50 et 5h30 du matin à me demander si je devais laisser cette note en ligne. The struggle was real.

Là, je me suis quand même rappelé que j'avais écrit et publié cette note pour justement dealer avec cet inconfort de merde si désespérément classique aussi. Donc, j'ai tenu bon.

Ce qui est intéressant, c'est qu'une fois cette note en ligne, j'ai parcouru le reste de mon blog en diagonale. Je me disais que le contraste serait peut-être intéressant si tant est qu'il y en ait un. Bon bah on voit clairement que ça vient de la même personne donc zéro schizophrénie apparente. En revanche, putaindemerde, je me vois pas. Ce qui manque, c'est la jonction entre la note qui schlingue et les notes rigolotes que je peux torcher à tout va. Ce qui manquait, c'est ce que je me suis dit en lisant le bordel.

Ce que je veux dire, c'est que j'ai pas la meilleure vie sur terre, et qu'en ce moment, je sais bien que c'est pas vraiment le truc que je recommanderais à tout le monde. Moi, en vrai, ce que je veux, c'est être assez alignée pour m'acheter des fringues, faire des petits déjeuners en paix, lire des livres avec mon chat, voir un minimum d'êtres humains et travailler un chouïa quand même sans que toute cette merde m'explose à la gueule out of the blue de façon régulière. Voilà, ça c'est mon nouvel objectif et faudra bosser un peu le truc. Par contre, est-ce que j'ai ressenti de la tendresse pour la nana que je suis ?! PUTAINOUI.

Et c'était pas trop tôt non plus. Oui, petite nana, je t'aime, en fait. J'aime ton humour à deux balles, ton sarcasme, ta propension à supporter tout un tas de conneries avec la grâce des gens de traviole. Ta capacité à savoir lire un sacré paquet de merdes bien chiantes et compliquées et à rester un être humain relativement bien. À avoir su protéger ce qui t'empêche de devenir un passé de merde devenu présent de merde avec une âme de merde pour aller foutre la merde.

Ceci fait clairement partie des choses qui me manquaient et dont j'avais besoin. Établir une sorte de continuité, de cohérence entre ce qu'on se vit comme fracturé, morcelé, pas raccord, divisé à l'intérieur, qu'on ressent de façon totalement contradictoire et donc pas légitime. Et tant qu'on n'arrive pas à faire en sorte que les deux se donnent la main ; putain les gars, la merde que c'est dans la tronche.

En bref, écrire cette foutue merde ici, en live, à l'heure actuelle, était en fait the best move ever.

Maintenant que c'est dit et fait, je vais pouvoir retourner à mes petites notes perchées et si, d'aventure, j'ai encore besoin de vous emmener sur le Strip du laid qui clignotte comme Vegas en mode Ibuprofen/Prozac, nous irons, pardi !

Il fait beau, mon chat se promène dehors et je vais aller bouffer un putain de bon plat, bordel.

Ytilibarenluv fo tniop tsewol ym si siht feat. trigger warnings all over the place


 Écrire “famille dysfonctionnelle”, ça ne veut rien dire. C'est trop flou, trop soft. Ça fait famille qui déraille un peu mais avec une ambiance un peu funny pour qu'on n'abandonne pas l'histoire trop vite.

En vrai, ça donne :

  • Parents immatures, narcissiques, défaillants (comme les stars mais sans pratiquer un art)
  • Amour transactionnel, conditionnel (15 pages et écrit en tout petit comme les assurances ou les banques. Et ils gagnent toujours, comme les casinos à Vegas)
  • Climat incestuel (avec quand même une belle grosse dose de sexualité non demandée, inappropriée, bien dégueulante, c'était vraiment extra, j'ai vraiment bien aimé. Surtout quand on flirte avec l'idée de passer à l'action, ça ajoute du suspense)
  • Triangulation des relations dans toute la famille et dans la fratrie (pas de liberté, égalité, fraternité ! Laissons ça aux Français)
  • Les rôles du Golden Child et du Scapegoat attribués aux enfants et totalement interchangeables selon la météo du jour (faut savoir être versatile, c'est complexe)
  • Maltraitance psychologique (ça ne se voit pas quand tu vas à l'école !)
  • Abus (sansdéconner?!)
  • Maltraitance animale (au cas où tu te demanderais jusqu'où ça peut aller)
  • Abandon psychologique, émotif, physique (des crottes, t'es chiant, tchuss)
  • Menaces physiques et psychologiques (négociation et dialogue en rade)
  • Manipulation (idem)
  • Règne de la terreur (trame du film)
  • Chantage ("évidemmeeeeent", chantait France Gall)
  • Mensonges, omissions, non-dits, refoulements (“tu vas la taire ta gueule, ou je te fais bouffer la dune ?”)
  • Contrat tacite mais efficace (contrat appliqué depuis 15 générations, bonne chance à toi)
  • Rôles pas clairs, interchangeables, confus ; tout comme les règles d'ailleurs sinon on se fait chier (un peu comme une partie sauvage d'UNO)
  • Non-respect de l'intimité psychologique, intime, affective, sexuelle, corporelle (non aux frontières, oui à ton espace, merde à ce que tu penses)
  • Indifférence (faut penser pratique !)
  • Honte de la vulnérabilité, des émotions, de soi, de ce qu'on fait, ce qu'on croit (les émotions, c'est pour les poètes, viens pas nous faire chier)
  • Refus de la remise en question (faut encore penser pratique !)
  • Vérité enterrée (ouais bah ouais, pratique, on t'a dit)
  • Lâcheté et négligence (rien d'original là-dedans)

Comme c'est souvent le cas dans ces familles, il y a toujours bien un crétin qui va dénoter. Le petit gueux de la famille qui, paradoxalement, va très bien capter le bordel.

Bon, évidemment, tu penses bien, c'est à la fois son cadeau et son fardeau. M'enfin, note bien que quand t'es con et que tu gardes ta tronche dans le sable, tu passes quand même des nuits de 8 heures de sommeil assez paisibles. Tout est question de point de vue, même ici.

Tu l'auras sans doute deviné, je suis cette sale petite fouine de merde qui vient de te dépeindre sa propre famille dYsFonCtiOnNeLlE mais egalement de façon générale.

Mais il est vrai que je suis partie en vacances à la Côte d'Azur quand mes grands-parents embarquaient toute la famille chaque été durant 13 ans. Qu'on a bien mangé notre entrée, notre plat principal et ce délicieux dessert. Nous avons une multitude de photos de vacances où beaucoup n'iront jamais. Ma mère cuisinait tous les soirs un repas équilibré pour chacun avec de vrais aliments en nous tournant le dos toute la soirée pendant que mon père faisait des menaces de suicide. On bouffait des épinards et du veau pendant que mes parents se détruisaient la gueule à coups de vérités dégueulasses envoyées à la tronche de l'un et de l'autre sans que l'autre ne veuille l'entendre, avec un sujet préféré comme une petite voiture Hot Wheels qu'on se dispute tout en lui en foutant plein la gueule : MOI ! Qu'est-ce qu'on va faire de notre petite Regan MacNeil préférée sauce liégeoise ? Foutons-la chez les grands-parents qu'on ne supporte pas, go chez ce couple satanique avec notre petit satan tout blond. Grrr Grrr. Malheur, ces enflures font mieux que nous, allons détruire ce lien précieux qui fait qu'elle respire.

Bon après, ça a été enterrement sur enterrement.

Ça aurait pu être pire, j'aurais pu partir en vacances à La Panne et bouffer des raviolis en conserve. Je sais pas trop si j'aurais pu pardonner cette faute de goût, tu vois. Tu penses bien que je préfère la merde du haut que des pâtés de sable sur une plage grise avec des parents sortables. M'enfin, ils auraient pu être tout ça et j'aurais aussi pu manger le sable de La Panne, c'est pas faux. Et bouffer des conserves aussi. Y a toujours pire que soi. Ça, en revanche, c'est très vrai. D'ailleurs, les parents en question de ce genre de famille aiment bien te le rappeler. C'est le principe du “Heyyyy gamin, te plains pas trop avec ce que tu as. On sait jamais, ça pourrait être pire demain ou ailleurs si tu rêves trop”. C'est bien pensé, très malin, bien confectionné, bien naze comme il faut.

Par ailleurs, on retrouve dans ces familles le même concept que celui qui règne dans les sectes. Avec moins d'aliens, ou de Jésus chelou, ou d'apocalypse à une date précise. C'est moins funky en somme.

Évidemment, tout ceci ne tiendrait pas sans de véritables qualités. Le but, c'est que tu sois bien emmerdé pendant longtemps pour lire le caca. Blanche-Neige nous avait pourtant bien mis en garde avec ses putain de pommes à la con. Comme quoi, on peut bouffer tout Disney et quand même se faire arnaquer comme un bleu.

Après ça, faut aussi se faire chier avec toute la mécanique du cerveau qui est truffé d'easter eggs, de principes qui font “mmmh, oui, je vois où tu veux en venir mais malheureusement, tu dois vraiment passer par cette phase-là sinon tu seras pas assez fort pour supporter. Oui, je sais, ça te la fout mal et ça te bouffe du temps mais c'est ainsi”. Ce à quoi tu penses en bon gamer “rien à branler, balo ! Je vais te coller des cheat codes dans tous les sens”. Bon après, tu comprends que le cerveau avait bien raison pendant que tu comptes tes dents sur le plancher avec les morceaux de ton cœur. En fait, ça a la tronche d'un crash d'avion bien chiant pour le NTSB (oui, j'aime regarder Air Crash).

Le truc final, c'est quand tu comprends qu'en fait, ce que tu aurais mérité n'existe pas, n'a jamais existé et n'existera jamais. Un enfant placé à une frontière reste l'enfant de la frontière. Qu'il soit vilipendé ou non, c'est précisément cet ailleurs qui lui a permis de voir les choses avec la perspective qui manque au sein du foyer originel qui se cramponne à son entre-soi et ses non-dits.

Mon père a fait acte de contrition, et il a porté sa honte toute sa vie jusqu'à ce qu'elle le tue. Je pardonne plus volontiers les violences “chaudes” que les violences “froides”.

Par ailleurs, n'est pas le pire parent celui qu'on croit. Y a des tas de forêts qui peuvent se cacher confortablement et de façon très spacieuse derrière un seul arbre destroy.

Je sais pas pourquoi j'ai écrit tout ça ou pourquoi je me suis dit que je devais publier cette note. Peut-être parce qu'elle est laide et souvent aussi, très classique, parce que l'enfant chair à canon a souvent gardé une loyauté ahurissante envers cette famille qui, finalement, ne repose que sur la propension de la victime principale (disons bien les mots) à bien fermer sa gueule.

Parce qu'il a fallu 3 couches d'humour noir pour la torcher. Parce que chialer dans un bain en suffoquant, c'est vraiment de la merde à vivre mais nécessaire. Pleurer, c'est comme déboucher des chiottes, personne ne se foutrait de la gueule de quelqu'un qui débouche ses chiottes.

Parce que merde, parce que fuck it.

Parce que tout ce bordel a fait l'être bizarro que je suis.

Parce que toute la merde du haut inonde toutes les parcelles de la vie.

Et que quand on ne dit rien aux autres, on se noie dedans.

J'aurais pu faire plus subtil, plus nuancé, plus digeste.

Mais rien n'a été digeste.

Du moins, pas pour moi.


NB: merci à toi, personne inconnue, d'avoir lu ce festival du laid et du douloureux. 

6.4.26

But I'm a creep, I'm a weirdo


Non mais, je vous rassure, je vois bien que j'ai un problème. Trois rayons de soleil et pouf ! Je me trolle toute seule en changeant le background fleuri du blog, ça n'aura même pas tenu un mois. Donc, mmmmh, soit j'ai un problème avec : 

- les fleurs
- le design en général 
- le soleil
- mon incapacité à me satisfaire d'un truc imparfait 
- l'impulsivité

A mon avis, c'est le soleil, mais je peux me tromper. 

Stranger's eyes see through me

 C'est important de lire des blogs. La magie tient dans le fait que la personne qui poste une note n'a parfois aucune idée à quel point ça peut aider une autre personne à changer de perspective pour la journée. (Comme moi ce matin, en lisant la note de Sténia. Va lire la note de Sténia, nom didjou !)

Dieu a enfin appuyé sur le bouton "printemps", c'était pas trop tôt, putain. 11h30, je suis encore dans mon lit, j'entends les oiseaux chanter, le voisin qui prépare le BBQ et l'odeur arrive jusque dans ma chambre, les enfants jouent dehors. Seigneur, comment j'ai attendu ça longtemps.

Pris une douche, filé les médocs au chat avant qu'il ne se barre dehors profiter du soleil (ou encore se bagarrer, hein, cette racaille).

Portée par la joie partagée du voisinage pour ce soleil de saison, je me suis dit que j'allais me faire un petit déjeuner qui te refout sur le droit chemin intérieur : œufs mollets, tartines grillées, jus d'orange, cacao, saumon fumé en tranches et carottes râpées. Théoriquement, je dirais que j'ai visé juste.

Ici, je ne parle pas vraiment de ce que je traverse en ce moment. Vous avez des grandes lignes saupoudrées d'humour (parfois bien et parfois naze, m'enfin ça, c'est vous qui voyez), mais je ne griffonne pas en détail le bordel. Je l'écris à mon père dans un carnet ou, comme je le précisais ultérieurement sur mon blog, à mon chat mort (oui, je parle à mon chat mort --mais aussi aux autres morts comme mon père. J'ai totalement un côté goth, j'en peux rien). Puis ici, faudrait sans doute que je foute des trigger warnings relous dans tous les sens (parce que, a priori, c'est ce qu'on est censé faire de nos jours O_o), et ça finirait par ressembler à une balade destroy sur le Strip de Las Vegas avec tout qui clignote en mode Ibuprofen.

Cela dit, grâce à du saumon, une carotte râpée industrielle (oui, écoute, j'ai pas le temps) et une note bien écrite sur un blog, je me suis rappelée qu'on pouvait AUSSI, de temps en temps, choisir un peu le statu quo. M'a fallu plus de 30 ans pour comprendre cette perspective possible et temporaire. Et, quelques fois, j'oublie qu'elle existe. Pourtant, c'est parfois indispensable. Il faut savoir s'arrêter deux secondes dans le bordel et se dire : "meh, je vais faire une pause et accepter un peu l'état actuel du truc en pensant fuck it." Fuck it est également très utile.

Toujours pas fait ma routine beauté 48 étapes. Sais pas trop ce que j'attends.

Donc, pour résumer, c'est un peu ma note de Bigfoot content, en fait.

Bon, je vais faire une sieste devant le documentaire sur le Fyre Festival qui a arnaqué des gamins riches.

5.4.26

Livin' in a gangsta's paradise

Carrie Bradshaw quand elle casse pas les couilles toutes les deux minutes à l'entièreté de son entourage durant 6 saisons + 2 films + le truc qui sert à rien.

 Me suis levée ce matin avec la mission des courses. Bon, peut-être que c'est ma grand-mère qui me manque à fond, je sais pas, mais gamine, j'adorais faire des courses avec elle. De nos jours, c'est comme m'envoyer à l'abattoir.

Ventre vide tapissé d'un café, j'ai erré dans les rayons en me disant que j'allais peut-être me mettre au crack à 40 ans pour supporter. Qui sait ?! Le crack à 20 ans, c'est des conneries, t'es trop jeune. T'as pas encore vu tout le paysage, même si tu as déjà morflé. À 40 ans, tu peux te trouver de super bons arguments avec la réalité à l'appui, je trouve. Donc, j'avais une énergie comme la météo ; ce putain de temps de novembre de merde qu'on se tape depuis, bah, novembre. Ça commence à faire long et je sens bien que mon corps est carencé, comme probablement tous les mecs qui ont fait du black metal norvégien au début des années 90. Et c'est dans cet esprit commun, avec un corps en bout de piste, que j'ai slalomé entre mamie qui se croit au marché en Provence ou connard qui plante son caddie comme on gare une bagnole de traviole à 2h du mat' au night shop du coin pour acheter un pack de 6 et du papier à rouler.

Grosse envie de meurtre, et c'est heureux que je fasse pas mes courses chez Walmart en bifurquant au rayon préféré des ricains : les armes (ou les drogues sur le parking. Cf. le crack).

Malgré tout, l'être résilient que je suis a entamé son Vietnam de la propreté sur la saga Twilight en fond (à mon avis, je me sens raccord avec la météo de Forks, les dialogues cringe et une soundtrack pas dégueulasse. J'ai appris à tout à fait apprécier Twilight, mais super en retard : 10 ans après tout le monde et quand tout le monde a subitement changé d'avis alors que les chambres à coucher d'ado étaient des musées à la gloire de la saga. Je suis toujours en retard. Détail important : je me serais barrée avec le loup. Pas le vampire qui a une température proche de 7° et qui te fait la morale alors qu'il veut te bouffer ; cette décision de merde qu'on prend à 17 ans. À 40 ans, tu vises la chair et le sang, une température corporelle caliente et, si sa forme humaine te fait chier, t'as droit au chien taille XXL. Jacob, tu étais le choix malin). Bref, ayant compris que mon humeur morose était en partie liée à une ambiance beaucoup trop cracra, j'ai fait ce putain de ménage de mes deux. Solution pour les nazes dans mon genre, quand on aimerait faire mais qu'on geint comme un moufflet qui veut rien foutre : faire les choses en les faisant mal. Armée de mon sac poubelle, j'ai dit merde au recyclage que je suis habituellement avec attention, et j'ai fourré les trucs dedans comme ledit moufflet en question. Ça marche bien. Astuce : bien enrober tous les trucs qui font un bruit suspect qui murmure "je suis pas censé être là-dedans" en foutant plein de trucs mous… un peu comme quand tu fourrais des fringues dans ton sac à dos rempli de bouteilles d'alcool que tes parents auraient grillées fissa rien qu'en t'écoutant marcher. La vie est pleine d'apprentissages.

Ma maison est propre.
Le chat a bouffé ses médocs sans me faire chier pour soigner sa queue meurtrie par la guerre des gangs de chats qui sévit dans le quartier, ce fléau.

Après, j'ai ronflé devant Twilight (c'est vraiment bien), pris une douche et je suis enfin dans mon lit en me sentant neuve, telle Bella après s'être bouffé tout le venin d'Edward et 46 morsures (il l'a quand même bien dégommée alors qu'elle était en train de faire une expérience de mort imminente. Ou il avait juste la dalle sans se l'avouer, ce serait pas étonnant après 3 films où il la fait chier avec son petit ton moralisateur et paternaliste à donf ---- m'enfin faut dire qu'en vrai, c'est un vieillard d'une autre époque. Bella a vraiment fait un choix con, ça sent trop à la fin que son avenir, c'est de ramasser les chaussettes du vampire relou alors qu'elle aurait pu se taper des feux de camp avec Jacob en chantant Stewball tout en faisant griller des saucisses et des marshmallows).

N'ai pas fait ma routine beauté de meuf en 48 étapes durant ma douche, donc je suis encore le Bigfoot.

On fera le ravalement de façade demain.

En théorie.

Mais peut-être que mon avenir est d'être le Bigfoot.

Love to love you, baby


Victoria Pedretti
Je suis amoureuse.
Point. <3
(me faut son adresse pour lui envoyer des roses et des donuts)

4.4.26

Jesus turned the other cheek and I'll strike that one too


Je suis toujours en vie, le chat aussi ! Ça lui apprendra à se la jouer street fighter en pesant seulement 4,5kg tout en étant un très grand chat (allure heroin chic, t'as vu).

Bien évidemment, durant tout ce temps où j’ai joué à la garde-malade avec mon fils, ma bataille, j’ai aussi une quantité de notes qui se sont entassées en boule dans mon cerveau comme dans une manne à linge qui dégueule. Le temps de tout trier et de me demander si ça pue ou si c’est urgent se fera les prochains jours.

En attendant, d’ici là, je vais faire les courses demain et passer toute ma baraque au savon, histoire d’assainir l’atmosphère pour que je puisse continuer d’écrire mon bordel ici en toute sérénité, avec un parfum de propre plein les narines.

Tant qu’à faire, il serait aussi bon pour moi de faire cette satanée routine beauté de meuf en 48 étapes, histoire de redevenir un être humain impossible à confondre avec le Bigfoot.

Dans le même ordre d’idée, mon chat a désormais une coupe punk au niveau de la queue qui lui donne un air totalement crétin ; je subodore que c’est pour ça qu’il ne sort pas trop en ce moment… c’est un peu l’équivalent félin du cône de la honte.

Ou quand on vit dangereusement en se faisant une frange avec les ciseaux de cuisine alors qu’on a un entretien d’embauche le lendemain (ou un date avec Kevin).

Nous comprenons.