7.4.26

Make it beautiful


Voilà, it's done !

On pourrait se demander comment je réussis le prodige de faire tout le tour d'une horloge pour finir avec la précédente note. C'est un principe con et assez surprenant : quand on est relativement bien, des défenses tombent. On pourrait se dire - bah justement - que la joie de la journée évite de se faire bouffer. Mais ça ne marche pas toujours comme ça... On peut passer toute sa journée en profitant du soleil, du calme, d'une paix relative et le cerveau se dit : "Mignonne, je te vois bien en train de prendre ton bain et de buller, tranquille... c'est donc un bon cocon safe pour te faire bosser un petit coup."

Et c'est ce qui s'est passé.

Après, tout le truc s'inscrit dans quelque chose de précis. Le bordel ne m'est pas apparu comme un machin exotic dont j'ignorais tout. Ça, c'était il y a des années. En revanche, ça s'inscrit sans doute beaucoup plus dans "tiens, je pense que je vais arrêter de fermer ma gueule et de rendre le truc bien cosy pour tout le monde" ; et ce principe s'articule dans toutes les sphères de ta vie. En somme, ça a vocation à reprendre la vie comme on l'entend avec notre propre vérité et non plus de faire en fonction de ce que les autres voudraient qu'on en fasse.

L'écrire ici n'a pourtant pas été simple. Je suis du genre à écrire d'un trait puis à envoyer la sauce dans les 2 minutes après le point final (10 si j'ai l'esprit un peu sport). Il m'a fallu grosso merdo 40 minutes. Ensuite, j'ai passé ma nuit entre 1h50 et 5h30 du matin à me demander si je devais laisser cette note en ligne. The struggle was real.

Là, je me suis quand même rappelé que j'avais écrit et publié cette note pour justement dealer avec cet inconfort de merde si désespérément classique aussi. Donc, j'ai tenu bon.

Ce qui est intéressant, c'est qu'une fois cette note en ligne, j'ai parcouru le reste de mon blog en diagonale. Je me disais que le contraste serait peut-être intéressant si tant est qu'il y en ait un. Bon bah on voit clairement que ça vient de la même personne donc zéro schizophrénie apparente. En revanche, putaindemerde, je me vois pas. Ce qui manque, c'est la jonction entre la note qui schlingue et les notes rigolotes que je peux torcher à tout va. Ce qui manquait, c'est ce que je me suis dit en lisant le bordel.

Ce que je veux dire, c'est que j'ai pas la meilleure vie sur terre, et qu'en ce moment, je sais bien que c'est pas vraiment le truc que je recommanderais à tout le monde. Moi, en vrai, ce que je veux, c'est être assez alignée pour m'acheter des fringues, faire des petits déjeuners en paix, lire des livres avec mon chat, voir un minimum d'êtres humains et travailler un chouïa quand même sans que toute cette merde m'explose à la gueule out of the blue de façon régulière. Voilà, ça c'est mon nouvel objectif et faudra bosser un peu le truc. Par contre, est-ce que j'ai ressenti de la tendresse pour la nana que je suis ?! PUTAINOUI.

Et c'était pas trop tôt non plus. Oui, petite nana, je t'aime, en fait. J'aime ton humour à deux balles, ton sarcasme, ta propension à supporter tout un tas de conneries avec la grâce des gens de traviole. Ta capacité à savoir lire un sacré paquet de merdes bien chiantes et compliquées et à rester un être humain relativement bien. À avoir su protéger ce qui t'empêche de devenir un passé de merde devenu présent de merde avec une âme de merde pour aller foutre la merde.

Ceci fait clairement partie des choses qui me manquaient et dont j'avais besoin. Établir une sorte de continuité, de cohérence entre ce qu'on se vit comme fracturé, morcelé, pas raccord, divisé à l'intérieur, qu'on ressent de façon totalement contradictoire et donc pas légitime. Et tant qu'on n'arrive pas à faire en sorte que les deux se donnent la main ; putain les gars, la merde que c'est dans la tronche.

En bref, écrire cette foutue merde ici, en live, à l'heure actuelle, était en fait the best move ever.

Maintenant que c'est dit et fait, je vais pouvoir retourner à mes petites notes perchées et si, d'aventure, j'ai encore besoin de vous emmener sur le Strip du laid qui clignotte comme Vegas en mode Ibuprofen/Prozac, nous irons, pardi !

Il fait beau, mon chat se promène dehors et je vais aller bouffer un putain de bon plat, bordel.