Des choses se remettent un peu dans l'axe. Fini de quémander des ordonnances à distance à un médecin qui décide de déménager à Berlin-Ouest en foutant tout le monde devant le fait accompli (moi y compris) et qui fout tout le monde dans la merde (moi y compris).
Je me suis dit que c'était peut-être un signe de l'univers, qu'il fallait vraiment que je change de médecin et que je repense éventuellement mon traitement dans le même temps. Du coup, branle-bas de combat pour trouver la pépite. Finalement, j'ai trouvé un centre médical près de chez moi.
Et je suis RAVIE !
J'adore les centres médicaux qui, à mes yeux, ressemblent à des Club Med de la santé ou à un shopping mall où tu trouves tout sans t'égarer sur 18 chemins relous avec une journée qui finit plus par ressembler à une randonnée qu'autre chose. Tout est sur place, c'est super ! Je vais pouvoir errer du cabinet du généraliste vers le cabinet prise de sang en moins de 10m. C'est hyper bien pour les gens tout pétés dans mon genre, j'aime beaucoup !
Mon humeur oscille toujours un peu entre exaltation de piger des trucs et envie de vomir d'avoir pigé des trucs. J'imagine et j'espère fortement que mon cerveau saura, à un moment donné, trouver l'alternative saine pour chacun d'entre nous.
Dans le même ordre d'idées, je suis parvenue à un constat un peu étrange mais sans doute essentiel tandis que je faisais du forcing avec la secrétaire de mon désormais ex-médecin ; j'ai été beaucoup trop sympatoche durant la majorité de ma vie. Et je parle de la vraie putain de sympathie. Celle qui pense à n'être jamais en retard et qui mordra sur sa chique pour éviter de l'être, peu importe l'occasion. La fille qui écoute sans demander de retour, la fille qui prévoit les choses comme une petite maman pour tout le monde car je sais lire un contexte finement, celle qui n'a jamais voulu s'égarer de sa rigueur et de sa gentillesse parce que je sais ce que c'est que d'être le relou fucked up dans l'histoire de l'autre.
Ouais. M'enfin bon. J'ai surtout réalisé que j'étais un putain d'agneau à la con dans un monde de loups qui ont les crocs et qui n'hésitent pas une seconde avant de penser à leur gueule. Non pas que j'aie envie de devenir la connasse de l'année. Par contre, je pense que je vais rentrer dans cette nouvelle phase que je pense être plus équitable : être toujours une gentille mais savoir mieux imposer ma putain de voix quand il le faut ; oui, quitte même à devenir la petite relou dans l'histoire de l'autre.
Et surtout, essayer d'arrêter de me faire un ulcère quand les gens me chient dans la gueule. Beaucoup sont trop en train de planer into delulu avec une putain d'arrogance, condescendance et suffisance en faisant des nuits paisibles de 8h. Go fuck yourself.
Finalement, pour faire un lien avec ma note précédente, c'est pas plus mal de regarder l'avion se crasher sans plus trop lever le petit doigt. Un moment donné, je crois que j'ai quand même appris que si je ne pouvais pas piloter cet avion de merde parce que des branques tiennent absolument à le faire à ma place, je pouvais alors bien sangler ma ceinture, prendre de grandes inspirations dans le masque à oxygène avant d'avaler un Xanax et m'attendre au choc de façon plus sereine que ceux qui pensent qu'il n'y aura pas de bobo.
Il y en aura.
Je peux contrôler ma ceinture de sécurité, c'est tout. Si des cons veulent se la jouer Top Gun sans savoir lire un tableau de bord, qu'il en soit ainsi.
Autre chose importante, chiante à souhait mais ultra vraie : on ne peut pas se battre à la loyale avec des gens bourrés de lâcheté. Ces crevards attendent toujours que tu tournes le dos pour te planter. Se battre avec un lâche, c'est se lancer dans une bagarre que lui gagnera quoi que tu fasses. Quand on est lâche, bah on est lâche. La seule méthode devant le lâche, c'est de camper sur nos positions, ne surtout pas y aller en full frontal et laisser le crétin incapable de vous affronter à la loyale râler dans son coin en s'enfonçant tout seul.
Ça arrive, parfois, que des gens qui s'imaginent au-dessus de vous, ou mieux que vous, fassent principalement de la merde de leur propre fait. Ça ne leur effleure jamais l'esprit qu'ils seraient, en réalité, les instigateurs de relations de merde. On leur a tellement fait comprendre que leur belle vitrine était bien rangée et proprette qu'ils n'ont jamais pensé que leurs poubelles commençaient à puer dans tout le quartier et filaient la gerbe à tout le monde.
Ma vitrine est naze, mais j'apprends à ranger mon arrière-salle, déboucher les chiottes et à vider ces foutues poubelles.
