19.4.26

And I can hold my own hand

Au final, c'est très bien que je parvienne à trouver toute seule comment me réguler, faire la refonte de mon quotidien par des petites choses qui semblent un peu simplistes mais diablement efficaces. Parfois, le less is more est ce qu'il y a de plus redoutable.

Je sais pas... c'est comme découvrir un petit passage souterrain en soi et se dire : « Putain. Okay ! Je t'ai cherché longtemps mais ENFIN je vais pouvoir marcher sur ce foutu chemin entre guerre et paix sans chialer des seaux de larmes avec cris stridents mais plutôt en pantoufles avec un bic 4 couleurs qui morfle contre le papier. »

Et ceci, dans l'univers de ma tête peuplé de conneries, d'hameçons et de jolies choses ; c'est presque une victoire -- avec des bouées au bras, mais quand même !

Ça me donne cette sensation si longtemps recherchée et jamais connue avant ; avoir un minimum de défense. J'en ai plein, hein, mais avec des bouts de ficelles. Mais là, je parle vraiment de ce truc qui rétablit un certain ordre, qui fout une distance saine entre soi et des trucs qui puent du cul.

Arrêter de courir dans la maison en feu alors qu'on est en bikini. Arrêter de claquer la tronche contre le mur et préférer hurler dans un oreiller parfumé de lavande pour un sommeil réparateur. Boire de la camomille en écrivant des lettres d'insultes puis tout cramer avant de prendre un bon bol d'air sur la terrasse (si t'es pas du genre à faire le tour du quartier).

Faire un gros sourire de merde à ce putain de connard qui nous fait chier et quand même faire ce qu'on veut. Décider d'être cette personne bancale et quand même soutenir qu'on est plus heureux comme ça qu'en discutant de crèche ou de prêt hypothécaire dont on n'a strictement RIEN À FOUTRE. Être le loser dans l'histoire de l'autre, le récipiendaire de toute la pisse à la gueule et mettre un K-WAY rose fluo si ça peut lui faire plaisir et retourner chez soi en écoutant tout l'album d'Aqua parce qu'on ne doit pas toujours miser sur la profondeur afin de flotter à la surface de l'eau pour ne pas se noyer.

Être en retard dans ses lessives, déconner plein tube et être la touriste de sa propre carrière professionnelle. La réduire tellement à néant que ça revient au même de faire table rase pour enfin tout recommencer sans qu'on nous casse les couilles avec des préceptes de merde qui te collent 4 ulcères, des vacances pourries qui ne régulent rien. Redeviens cet ado qui sait pas où aller, il aura peut-être plus de flair que l'adulte qui s'est paumé.

Qui sait, hein... peut-être que l'ado en nous sert précisément à nous alléger d'un sacré paquet de conneries dans le sac à dos. L'ado est pas bien dans sa peau mais l'ado a l'énergie et la beauté des gamins qui fonctionnent en service minimum tout en chiant encore relativement bien sur une multitude de conneries qu'on s'efforcera d'avaler comme des cons.

Alors, mmmh, faut-il juste être un ado et jamais un adulte ? À la réflexion, non. Mais vouer son existence à être le meilleur apôtre de cette planète est comme cramer les meilleures années de la vie en se racontant plein de foutaises. En gros, je pense que le mieux c'est l'alliance des deux, théoriquement.

C'est sans doute apprendre quand l'un doit parler et quand l'autre doit garder la main sur le volant en moumoute (j'ai le droit de prendre une image bien con, oui) (motif léopard, si tu veux).

Et dire que j'ai écrit ça en ayant mes règles tout en me coltinant une migraine.

J'aime vraiment bien.